PRODUCTIONS

LABORATOIRE D'IDÉES

 

La pensée européenne est de plus en plus étriquée, réduite à deux piliers, reposant d’une part sur une pièce de monnaie et d’autre part sur un passeport. Le discours politico-économique actuel ne semble désormais plus ancré dans le champ socioculturel. On semble avoir oublié de grands esprits européens, intellectuels et culturels, et ne pas écouter les nouveaux.
Pourtant, l’Europe peut s’appuyer sur une longue tradition humaniste où la dignité et l’équité humaines sont centrales, qui fait preuve d’une capacité empathique envers les vulnérables dans la société, étayée par un système de sécurité sociale comme on n’en trouve nulle part ailleurs.
Il est inquiétant de constater que le principe d’hospitalité reste de plus en plus lettre morte dans le livre de bord de l’efficacité. Que le projet culturo-humaniste est pulvérisé et réduit à un contenu purement économique et géopolitique.
La croissance économique est le remède miracle. Ce qui se passe au bas de l’échelle sociale, quantité négligeable. Car les chiffres de la pauvreté ne cessent d’augmenter et le tampon qu’était jadis la classe moyenne disparaît lentement et se dirige vers le seuil de pauvreté.
Pendant la crise actuelle des réfugiés, il est clair que l’air du temps est à la répression, que les exceptions menacent de déterminer les règles, que les estimations des coûts priment lorsqu’il s’agit d’êtres humains, alors que l’on investit sans l’ombre d’une hésitation dans le gouffre financier que représente la violence armée au Moyen-Orient, ce qui, au fond, provoque l’augmentation colossale des flux d’immigrés.

Les statistiques de la pauvreté sont une jauge pour la société.
Il y a des artistes, des scientifiques, des travailleurs sociaux et des responsables politiques qui comprennent la menace que fait peser la pauvreté galopante sur le système social. Et pour qui le combat pour l’équité est primordial. Pourtant, la plupart d’entre eux restent cantonnés dans leur propre monde (fermé) et ils ne savent pas que les autres existent.

Powerty a pour intention de jeter un pont entre ces différentes organisations et ces différents individus pour apprendre les uns des autres et ainsi, être plus forts face au monde extérieur, et informer celui-ci de façon plus approfondie. Convaincus du fait qu’une société doit se construire à partir du bas, parce que c’est là que de vastes connaissances sont rassemblées. Politiquement, ce fait est bien trop peu reconnu. La Belgique, et par extension toute l’Europe, sont bien malades de cela.
A une époque où le modèle de sécurité sociale est dangereusement menacé, et où l’on recherche de nouveaux filets de sécurité sociaux comme le revenu minimum, il nous semble nécessaire d’unir les forces par-delà les frontières sociales et nationales. Nous engageons des artistes qui se mesurent au monde tel qu’il est pour une partie toujours plus grande de la population pour aller à la recherche d’un langage qui évite et dépasse la communication univoque.

 

TÊTE-à-TÊTE

Powerty mène pendant trois ans une recherche sur les formes artistiques spécifiques pour faire apparaître publiquement les différents thèmes liés à la pauvreté et organise à cet effet des événements publics.

Parallèlement à diverses interventions artistiques, des dialogues importants ont eu lieu, dans la série intitulée Tête-à-Tête, où des experts de ce terrain spécifique, issus de divers univers, ont pu discuter. Il ne s’agissait pas d’un débat au sens classique, où l’on défend des positions. C’était plutôt un laboratoire d’idées où l’on réfléchissait ensemble et à voix haute. De nombreuses personnalités ont accepté d’être nos invités:
Ricardo Petrella, Caro Bridts, Francine Mestrum, Susan George, Frank Vandenbroucke, Karel De Gucht, Patrick Declerck, Ivan Mayeur, Stijn Meuris, Bart Staes, Philippe Van Parijs, Eduardo Suplicy, Paul Magnette, Alain Storme, Stijn Oosterlynck, Bea Cantillon, Eric Corijn, Bernard Stiegler, Philippe Askanazy, Judith Sargentini, Wim Cuyvers, Petra Van Brabandt, Bruno Meeus, ...
Nous avons toujours impliqué des personnes en situation de pauvreté, des philosophes, des responsables politiques, des travailleurs sociaux, des économistes, des experts d’expérience, des académiciens, etc.

Chaque saison, un événement est organisé avec du théâtre, un débat, une fête, etc., chaque fois sur un thème différent et spécifique lié à la pauvreté.
Depuis, voici les thèmes que nous avons abordés :
PROBLEMATIQUE DES SANS-ABRI, REVENU MINIMUM DE BASE, MANQUE D’HABITATIONS SOCIALES (à l’occasion de Toc Tok Knock dans la Cité Modèle), PAUVRETE EN VILLE (à l’occasion des élections communales), DURABILITE EQUITABLE (à l’occasion de la conférence des NU à Rio), EVAPORATION DE LA SECURITE SOCIALE (élections fédérales), AUGMENTATION DES PRIX DES DENREES ALIMENTAIRES (à l’occasion du projet international Hunger for Trade), LABEUR-TRAVAIL.